Les fiches interventions

Par le Docteur Albert Ohayon

Ablation de l'endomètre (endométrectomie).

Cette intervention s'offre comme une alternative à l'ablation de l'utérus à ces patientes qui souffrent de règles hémorragiques et saignements intercurrents. Cette procédure est proposée lorsque les autres traitements médicaux ont échoué ou bien se sont révélés porteurs d'effets secondaires importants. Cela consiste à retirer ce velours qui tapisse l'intérieur de la cavité utérine et qui est à l'origine des règles et des saignements.

Résultats.

Les études les plus récentes montrent que la plupart des patientes ayant bénéficié de la méthode ont vu leurs symptômes améliorés. Plus de 90% des patientes en étaient satisfaites. Celles ci ont vu leurs règles réduites ou retrouver le volume normal. Certaines rapportent un arrêt complet des menstruations après endométrectomie.

L'intervention.

Il s'agit d'une technique nommée hystéroscopie opératoire. Une optique médicale est introduite à travers le vagin et l'orifice cervical. Une caméra est branchée sur cette fibre optique (l'hystéroscope), elle sert à visualiser la cavité utérine sur un écran lors de l'intervention. La cavité est dilatée par un liquide médical. La muqueuse utérine est alors rabotée à l'aide d'une anse traversée par un courant de section. Des copeaux de muqueuse sont retirés en partant du fond utérin jusqu'à l'isthme, situé au dessus du col. La profondeur de la résection est fonction du résultat escompté. Une résection très profonde a de fortes chances d'interrompre les règles de la patientes.
Les deux faces sont réséquées.
Bien que cela ne soit pas prévu, le médecin peut être amené à intervenir par voie haute (coelioscopie) si l'état des organes le nécessite.
Par la suite des précautions sont indiquées qui éviteront les désagréments toujours possibles dans les suites d'un acte médical.

  • Prendre sa température pendant les quatre jours qui suivent l'intervention et signaler celles qui dépassent 37.8°.
  • Ralentir son activité durant 3-4 jours.
  • S'abstenir d'avoir des rapports sexuels une quinzaine de jours.
  • Un rendez-vous doit être pris pour évaluer 15 jours après l'intervention les résultats.

Dans les suites, on peut rencontrer certains de ces éléments :

  • Des désordres urinaires, tels de fréquentes mictions pendant un jour ou deux.
  • Des saignements irréguliers, des pertes liquides mêlées de débris de muqueuses, pendant plus de six semaines.
  • Des douleurs pelviennes à type de crampes peuvent nécessiter la prescription d'antalgiques.
  • L'anesthésie est à l'origine de fatigue, nausées et vomissements.
  • Exceptionnellement l'anesthésie générale a pu causer des problèmes beaucoup plus sérieux, tes des arrêts cardiaques ou respiratoires.
  • Rarement, l'endoscope peut traverser la paroi utérine et blesser des vaisseaux. Cet incident impose l'arrêt de la procédure jusqu'à cicatrisation. Un autre risque potentiel, c'est la résorption exagérée du liquide utilisé pour dilater la cavité. Celle-ci doit être évitée, dépistée et traitée le cas échéant, ce qui prolongera la durée de l'hospitalisation.
  • Autre incident rare, la perforation de l'utérus par le bistouri électrique et les blessures intestinales. Cela peut faire recourir à une chirurgie plus lourde pour éviter les infections qui en résulteraient.

Qu'en est-il des possibilités de grossesse ?

Lorsqu'une endométrectomie est effectuée dans son ensemble, la patiente ne pourra vraisemblablement pas concevoir. Malgré tout, elle devra poursuivre une contraception jusqu'à l'installation de la ménopause.

En conclusion, l'endométrectomie est une alternative sérieuse à l'hystérectomie totale. Moins lourde, plus rapide, exposant à moins de risques, elle doit être envisagée et comparée aux autres techniques, chirurgie par voie vaginale ou hystérectomie per coelioscopique.

édité le 25/08/00