L’essentiel
- Le frottis du col sert à dépister des anomalies du col de l’utérus, le plus souvent liées aux papillomavirus humains.
- Entre 25 et 29 ans, le dépistage repose sur l’examen des cellules du col. À partir de 30 ans, il repose surtout sur le test HPV.
- Un résultat anormal ne signifie pas que vous avez un cancer : il indique qu’un contrôle ou un examen complémentaire est nécessaire.
- La vaccination contre les HPV protège, mais ne remplace pas le dépistage du col.
Le « frottis » fait partie de ces examens gynécologiques dont on parle beaucoup, parfois avec des souvenirs mitigés ou des informations contradictoires. Son nom est resté dans le langage courant, mais le dépistage du cancer du col de l’utérus a évolué : selon l’âge, le laboratoire ne recherche pas exactement la même chose.
L’objectif reste simple : repérer tôt des lésions précancéreuses du col, avant qu’elles ne deviennent dangereuses. Le dépistage concerne les femmes et toutes les personnes ayant un col de l’utérus, même en l’absence de symptôme. Il se décide aussi selon votre histoire médicale, vos traitements et vos précédents résultats.
À quoi sert le frottis du col exactement ?
Le frottis du col est un prélèvement réalisé au niveau du col de l’utérus, la partie basse de l’utérus qui s’ouvre dans le vagin. Il sert au dépistage du cancer du col, mais il ne s’agit pas d’un test « cancer oui ou non ». Il recherche surtout des signes précoces : des cellules anormales ou la présence de papillomavirus humains à haut risque, appelés HPV à haut risque.
Les HPV sont des virus très fréquents, transmis lors des contacts sexuels, avec ou sans pénétration. Dans la grande majorité des cas, l’organisme les élimine spontanément. Quand certains HPV persistent, ils peuvent provoquer des modifications des cellules du col. Ces modifications évoluent lentement, ce qui laisse une fenêtre de dépistage et de traitement.
Selon l’âge, deux analyses peuvent être réalisées sur le prélèvement :
- la cytologie, qui observe les cellules du col pour repérer des anomalies ;
- le test HPV à haut risque, qui recherche la présence de certains papillomavirus associés aux lésions du col.
Dans les deux cas, le prélèvement ressemble beaucoup à ce que l’on appelle couramment un frottis.
À quel âge faire un frottis du col et à quelle fréquence ?
En France, le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus concerne en général les personnes de 25 à 65 ans qui ont un col de l’utérus et ne présentent pas de situation médicale nécessitant un suivi particulier. Le rythme dépend de l’âge, car les infections HPV sont très fréquentes chez les plus jeunes et disparaissent souvent seules.
| Âge ou situation | Test habituel | Rythme de référence |
|---|---|---|
| De 25 à 29 ans | Cytologie, c’est-à-dire examen des cellules du col | Deux prélèvements à un an d’intervalle, puis tous les trois ans si les résultats sont normaux |
| De 30 à 65 ans | Test HPV à haut risque | Tous les cinq ans si le test est négatif, selon le calendrier recommandé |
| Avant 25 ans | Pas de dépistage systématique | À discuter seulement en cas de situation particulière ou de symptômes |
| Après 65 ans | Pas de règle unique pour toutes | À revoir avec un professionnel selon les dépistages antérieurs et les antécédents |
Un suivi différent peut être proposé si vous avez déjà eu une lésion du col, une immunodépression, certains traitements, une greffe, une infection par le VIH ou un antécédent gynécologique particulier. Dans ces cas, le calendrier standard ne suffit pas toujours.
Vous pouvez recevoir une invitation dans le cadre du dépistage organisé si aucun résultat récent n’a été enregistré. Cette invitation ne remplace pas l’avis de votre médecin, sage-femme ou gynécologue si votre situation demande une surveillance différente. Pour replacer cet examen dans les autres gestes utiles, la rubrique prévention santé peut aussi vous aider à faire le point.
Comment se déroule un frottis chez le médecin ou la sage-femme ?
Le prélèvement peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue, une sage-femme ou, selon les cas, dans un laboratoire de biologie médicale. Il dure peu de temps et ne nécessite pas d’anesthésie.
Vous êtes installée en position gynécologique. Le professionnel introduit doucement un spéculum dans le vagin afin de voir le col. Il prélève ensuite des cellules avec une petite brosse souple ou une spatule, puis place le prélèvement dans un flacon envoyé au laboratoire. La sensation peut être désagréable, parfois un peu douloureuse si vous êtes tendue, si le vagin est sec ou si le col est sensible, mais l’examen reste généralement très rapide.
Il est possible de demander à ce que le geste soit expliqué avant et pendant l’examen. Vous pouvez aussi signaler des douleurs, un antécédent de traumatisme, une sécheresse vaginale, un vaginisme ou une appréhension forte. Adapter le rythme, la taille du spéculum et la posture change souvent beaucoup le vécu de l’examen.
Comment se préparer avant un frottis du col ?
Le prélèvement se fait de préférence en dehors des règles, car le sang peut gêner l’analyse. Si vos règles arrivent le jour du rendez-vous, contactez le cabinet ou le laboratoire pour savoir s’il vaut mieux reporter.
Dans les jours qui précèdent, évitez si possible les ovules, crèmes vaginales, spermicides, douches vaginales et traitements locaux non urgents, sauf avis médical. Ces produits peuvent rendre l’interprétation plus difficile. Si vous avez une infection vaginale en cours, des pertes inhabituelles, des brûlures ou des douleurs, signalez-le : il sera parfois préférable de traiter ou d’examiner d’abord ces symptômes.
Il n’est pas nécessaire d’être épilée, de faire une toilette intime particulière ou de modifier votre hygiène habituelle. Une toilette externe douce suffit. Les douches vaginales sont à éviter, y compris hors contexte de frottis, car elles déséquilibrent la flore vaginale.
Frottis anormal, HPV positif : faut-il s’inquiéter ?
Un résultat anormal demande une suite organisée, mais il ne veut pas dire que vous avez un cancer. Les résultats peuvent mentionner des cellules atypiques, des lésions de bas grade ou de haut grade, un test HPV positif, ou encore un prélèvement non interprétable. Le vocabulaire varie selon l’analyse réalisée.
Le plus souvent, le professionnel qui vous suit vous indiquera la marche à suivre : refaire un prélèvement à distance, réaliser une cytologie complémentaire, pratiquer une colposcopie ou demander un avis spécialisé. La colposcopie est un examen du col à la loupe, avec application de produits qui aident à voir les zones suspectes. Si nécessaire, une petite biopsie peut être réalisée.
Un test HPV positif signifie qu’un papillomavirus à haut risque a été détecté. Ce n’est pas une preuve de cancer, ni un indice de fidélité ou d’infidélité dans le couple : le virus peut persister longtemps sans symptôme et être découvert tardivement. Le sujet touche à l’intime ; la rubrique sexualité peut accompagner les questions liées aux infections transmises lors des rapports et à la communication dans le couple.
Quels symptômes doivent faire consulter sans attendre le dépistage ?
Le dépistage s’adresse aux personnes sans symptôme. Si des signes apparaissent, il ne faut pas attendre la prochaine échéance de frottis pour demander un avis médical. Prenez rendez-vous rapidement en cas de :
- saignements après les rapports sexuels ;
- saignements entre les règles ou après la ménopause ;
- pertes vaginales inhabituelles, surtout si elles sont malodorantes ou teintées de sang ;
- douleurs pelviennes persistantes ;
- douleurs pendant les rapports qui apparaissent ou s’aggravent.
Après un frottis, de petites traces de sang peuvent survenir dans la journée. Consultez rapidement si le saignement est abondant, s’il persiste, s’il s’accompagne de fièvre, de fortes douleurs ou de pertes malodorantes. En cas de malaise important, de douleur intense ou de saignement très abondant, appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences.
Grossesse, contraception, ménopause : le frottis change-t-il ?
La contraception ne modifie pas à elle seule le calendrier du dépistage. Pilule, stérilet, implant ou préservatif ne dispensent pas du frottis si vous êtes dans l’âge concerné. Si vous souhaitez revoir votre méthode ou préparer une consultation, la rubrique contraception rassemble des repères utiles.
Pendant la grossesse, un prélèvement peut être proposé si le dépistage n’est pas à jour. Il peut provoquer un léger saignement parce que le col est plus vascularisé, sans que cela signifie forcément un problème. Selon le terme, les antécédents et l’aspect du col, la sage-femme ou le médecin peut aussi choisir de différer certains gestes. Le suivi de grossesse reste individualisé, notamment lors des premières consultations.
À la ménopause, le prélèvement peut être moins confortable en raison de la sécheresse vaginale et de tissus plus fragiles. Parlez-en avant l’examen : le professionnel peut adapter le matériel et la technique. Après une hystérectomie, tout dépend du type d’intervention et de la raison pour laquelle elle a été faite. Si le col a été retiré ou si vous avez eu des lésions avant l’opération, le suivi se discute au cas par cas.
La vaccination contre les HPV est une protection majeure contre plusieurs papillomavirus, mais elle ne couvre pas tous les types à risque. Même vaccinée, vous restez concernée par le dépistage entre 25 et 65 ans si vous avez un col de l’utérus.
Questions fréquentes
Le frottis du col fait-il mal ?
Il peut être inconfortable, mais il ne devrait pas être très douloureux. La pose du spéculum est souvent le moment le plus gênant. Prévenir en cas d’appréhension, de sécheresse, de vaginisme ou de douleurs permet d’adapter le geste. Vous pouvez demander une pause à tout moment.
Peut-on faire un frottis quand on n’a jamais eu de rapport ?
Le risque lié aux HPV est surtout associé aux contacts sexuels, même sans pénétration. Si vous n’avez jamais eu de contact sexuel, parlez-en au professionnel qui vous suit : le dépistage peut être discuté selon votre situation, vos antécédents et votre niveau de risque, sans geste imposé.
Un HPV positif veut-il dire que mon partenaire m’a trompée ?
Non. Les HPV peuvent rester silencieux pendant longtemps, parfois des années, avant d’être détectés. Un résultat positif ne permet pas de dater l’infection ni d’identifier le moment de la transmission. Il sert surtout à organiser la surveillance du col et les examens complémentaires si besoin.
Faut-il faire un frottis si l’on est vaccinée contre les HPV ?
Oui, si vous êtes dans la tranche d’âge du dépistage et que vous avez un col de l’utérus. La vaccination réduit fortement le risque lié à plusieurs HPV, mais elle ne protège pas contre tous les types impliqués dans les lésions du col. Le dépistage reste donc recommandé.
Sources et références
- Haute Autorité de santé, recommandations sur le dépistage du cancer du col de l’utérus et la place du test HPV
- Institut national du cancer, programme national de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus
- Assurance Maladie, informations sur le dépistage du cancer du col de l’utérus
- Santé publique France, informations de prévention sur les papillomavirus humains et la vaccination HPV