Samedi 26 septembre 2026

femiweb Santé, grossesse et bien-être au féminin
Nos outils grossesse
Grossesse

Épisiotomie : indications, cicatrisation et soins

L’épisiotomie n’est plus un geste systématique lors d’un premier accouchement. Elle peut être proposée au moment de la naissance si elle protège la mère ou facilite une extraction nécessaire.

Épisiotomie : indications, cicatrisation et soins

L’essentiel

  • L’épisiotomie est une incision du périnée réalisée pendant l’accouchement, uniquement si la situation le justifie.
  • Elle se fait sous anesthésie locale ou péridurale, puis se referme avec des fils le plus souvent résorbables.
  • La douleur doit diminuer progressivement. Fièvre, douleur qui s’aggrave, écoulement anormal ou plaie qui s’ouvre imposent un avis rapide.
  • La rééducation périnéale et une reprise douce de la sexualité aident à retrouver confort et confiance.

Redoutée par beaucoup de femmes enceintes, l’épisiotomie reste entourée d’idées contradictoires. Certaines l’imaginent automatique pour un premier bébé, d’autres pensent qu’elle doit toujours être refusée. La réalité est plus nuancée : ce geste peut rendre service dans certaines situations, mais il ne doit pas être pratiqué par routine.

En France, les équipes de maternité privilégient aujourd’hui une utilisation restrictive, décidée au cas par cas pendant la naissance. Vous pouvez en parler lors des consultations de grossesse, avec votre sage-femme ou votre obstétricien, afin de comprendre les pratiques de la maternité et d’exprimer vos souhaits dans votre projet de naissance.

Qu’est-ce qu’une épisiotomie pendant l’accouchement ?

L’épisiotomie est une incision du périnée, c’est-à-dire la zone située entre l’entrée du vagin et l’anus. Elle est réalisée au moment où la tête du bébé, ou parfois son siège, distend fortement les tissus. Le but est d’agrandir l’orifice vulvaire pour faciliter la naissance dans une situation précise.

Le geste ne consiste pas à couper « large par précaution ». Il s’agit d’une incision mesurée, effectuée lorsque le professionnel estime qu’elle apporte un bénéfice immédiat : accélérer une naissance qui doit se terminer rapidement, faciliter une extraction instrumentale ou limiter une déchirure jugée plus risquée.

La technique la plus utilisée en France est l’épisiotomie médio-latérale : l’incision part du bas de l’orifice vaginal et se dirige en oblique vers le côté, à distance du sphincter anal. L’objectif est justement d’éviter une lésion directe de l’anus ou du rectum.

L’épisiotomie est-elle encore systématique ?

Non. L’épisiotomie systématique, en particulier pour un premier accouchement, n’est pas recommandée. Les connaissances actuelles montrent qu’une pratique restrictive est préférable : on ne la réalise que si elle paraît utile dans la situation en cours.

Une déchirure spontanée n’est pas toujours plus grave qu’une incision. Beaucoup de petites déchirures cicatrisent bien, parfois avec moins d’inconfort qu’une épisiotomie. À l’inverse, certaines déchirures profondes du périnée peuvent atteindre le sphincter anal et nécessiter une réparation attentive. Le rôle de l’équipe est donc d’évaluer en temps réel ce qui protège le mieux la mère et l’enfant.

Vous pouvez demander pendant le suivi quelle est la politique de la maternité : comment l’équipe limite les gestes invasifs, quelles positions d’accouchement sont possibles, comment le périnée est accompagné pendant l’expulsion. Pour vous repérer dans les étapes du suivi, le calendrier de grossesse peut aider à préparer les questions au bon moment.

Dans quels cas peut-on avoir besoin d’une épisiotomie ?

La décision se prend le plus souvent pendant l’expulsion, lorsque le bébé est très bas. Il n’existe pas une seule indication valable pour toutes les femmes. L’équipe tient compte de l’état du bébé, de la souplesse du périnée, de la rapidité nécessaire et du type de naissance.

  • Naissance à terminer rapidement : si le rythme cardiaque du bébé devient préoccupant en fin d’accouchement, une épisiotomie peut aider à raccourcir les derniers instants de l’expulsion.
  • Extraction instrumentale : lors de l’utilisation de forceps, ventouse ou spatules, elle peut être nécessaire pour faciliter le passage et limiter certains traumatismes.
  • Risque de déchirure sévère : si les tissus se tendent de façon inquiétante ou si une déchirure commence dans une direction défavorable, l’incision peut permettre un tracé plus contrôlé.
  • Présentation particulière : un accouchement par le siège ou une situation obstétricale complexe peut parfois la rendre utile, selon le contexte.
  • Antécédent de lésion périnéale grave : la décision se discute pendant la grossesse, avec une stratégie personnalisée pour l’accouchement suivant.

Un accouchement par voie basse après une complication ou une naissance particulière se prépare en amont. En cas de présentation par le siège, l’article sur l’accouchement du siège détaille les points discutés avec l’équipe.

Comment se déroule une épisiotomie le jour de l’accouchement ?

Quand la situation le permet, le professionnel vous informe avant de réaliser le geste. En urgence, l’explication peut être brève, puis reprise après la naissance lorsque vous êtes disponible pour poser vos questions.

L’incision est faite au moment d’une contraction et d’une poussée, lorsque le périnée est très étiré. Si vous avez une péridurale efficace, la zone est déjà anesthésiée. Sinon, une anesthésie locale peut être réalisée. L’incision se fait avec des ciseaux chirurgicaux ou un bistouri, selon l’habitude du praticien et la situation.

Après la naissance du bébé et la délivrance du placenta, la plaie est examinée puis suturée plan par plan : muqueuse vaginale, muscles et peau. Les fils utilisés sont généralement résorbables, ce qui évite le retrait des points. La suture se fait sous anesthésie suffisante : si vous sentez une douleur vive pendant la réparation, dites-le tout de suite.

Le compte rendu d’accouchement précise normalement le type de lésion périnéale et les gestes réalisés. Ce document peut être utile lors de la consultation postnatale, de la rééducation ou d’une grossesse ultérieure.

Épisiotomie ou déchirure : quelles différences pour la cicatrisation ?

Une épisiotomie est une incision nette, mais cela ne la rend pas automatiquement plus simple qu’une petite déchirure spontanée. La cicatrisation dépend de la profondeur de la lésion, de la qualité de la réparation, de l’absence d’infection, de la sensibilité individuelle et de la reprise progressive des activités.

SituationCe que cela signifieSurveillance utile
Petite déchirure superficielleAtteinte limitée de la peau ou de la muqueuseDouleur modérée, cicatrisation souvent simple
ÉpisiotomieIncision contrôlée du périnée, ensuite suturéeDouleur de cicatrice, tension aux points, risque d’infection à surveiller
Déchirure profondeAtteinte musculaire plus importante, parfois proche de l’anusSuivi attentif, rééducation adaptée, avis rapide si fuites ou douleur persistante
Lésion du sphincter analAtteinte du muscle qui participe à la continenceRéparation spécialisée et suivi postnatal rapproché

Les premiers jours, une gêne en position assise, une sensation de tiraillement ou de brûlure au contact des urines sont fréquentes. Elles doivent s’atténuer. Une douleur qui augmente au lieu de diminuer n’est pas à banaliser.

Quels soins faire après une épisiotomie ?

Les soins sont simples, mais la régularité compte. La maternité vous explique les gestes adaptés avant la sortie. En cas de doute, mieux vaut demander un contrôle plutôt que multiplier les produits.

  • Lavez la zone à l’eau, avec un savon doux si recommandé, puis séchez sans frotter, en tamponnant avec une serviette propre.
  • Changez régulièrement les protections hygiéniques, surtout tant que les saignements post-partum sont présents.
  • Évitez les bains, piscines et tampons tant que la cicatrisation et les saignements ne sont pas terminés, sauf avis différent de votre soignant.
  • Privilégiez les sous-vêtements confortables, respirants, qui ne compriment pas la cicatrice.
  • Pour vous asseoir, cherchez la position la moins douloureuse. Certaines femmes préfèrent s’installer sur le côté ou varier souvent les appuis.

La douleur peut être soulagée par les antalgiques prescrits à la maternité, compatibles avec votre situation, notamment si vous allaitez. Ne prenez pas d’anti-inflammatoire ou de médicament non prévu sans avis médical, surtout dans les suites immédiates de l’accouchement.

La constipation peut accentuer la douleur périnéale. Boire régulièrement, manger des fibres et bouger doucement si votre état le permet aide souvent le transit. Si aller à la selle devient très douloureux ou impossible, parlez-en rapidement à une sage-femme ou à un médecin.

Quand consulter après une épisiotomie ?

Contactez sans attendre la maternité, une sage-femme ou un médecin si vous observez l’un de ces signes :

  • douleur périnéale qui s’intensifie, pulsations, gonflement important ou sensation de boule douloureuse ;
  • fièvre, frissons, grande fatigue inhabituelle ;
  • écoulement de pus, mauvaise odeur, rougeur qui s’étend autour de la cicatrice ;
  • points qui lâchent, plaie qui s’ouvre, saignement local abondant ;
  • difficulté à uriner, brûlures urinaires marquées ou impossibilité d’aller à la selle ;
  • fuites de selles ou de gaz impossibles à retenir.

Appelez le 15 ou allez aux urgences en cas de malaise, saignements très abondants, douleur intense avec fièvre, essoufflement, douleur thoracique, maux de tête violents avec troubles visuels, convulsions, ou si vous avez peur de vous faire du mal ou de faire du mal à votre bébé.

Sexualité, cicatrice et rééducation : comment retrouver du confort ?

La reprise de la sexualité n’obéit pas à un calendrier fixe. Elle dépend de la cicatrisation, de la fatigue, des saignements, de l’allaitement, du désir et du vécu de l’accouchement. Une gêne au début est possible, mais une douleur qui persiste mérite une consultation. Des solutions existent : examen de la cicatrice, conseils de lubrification, massages cicatriciels quand la plaie est fermée, rééducation périnéale, prise en charge d’une tension musculaire ou d’une appréhension.

La consultation postnatale permet de vérifier la cicatrisation, d’aborder les douleurs, les fuites urinaires ou anales, la contraception et le moral. La rééducation périnéale n’est pas réservée aux femmes qui ont eu une épisiotomie : elle s’adapte à votre périnée, à vos symptômes et à vos objectifs. Elle peut aussi aider à reprendre le sport dans de meilleures conditions.

Si l’accouchement a laissé un souvenir difficile, parler à une sage-femme, un médecin ou un psychologue peut changer beaucoup de choses. Comprendre pourquoi l’épisiotomie a été faite, relire le dossier avec un professionnel et nommer ce qui a été vécu aident souvent à reprendre confiance. Pour préparer les grandes étapes de la naissance, la rubrique Grossesse rassemble les sujets liés au suivi, à l’accouchement et au post-partum.

Questions fréquentes

Peut-on refuser une épisiotomie ?

Vous pouvez exprimer votre souhait d’éviter l’épisiotomie et demander qu’elle ne soit réalisée qu’en cas de nécessité médicale. Aucun geste ne doit être banal. En revanche, pendant l’expulsion, une situation peut changer rapidement. Le plus utile est d’en discuter avant l’accouchement, puis de demander une explication après si le geste a été nécessaire.

Combien de temps faut-il pour cicatriser ?

La peau et les tissus superficiels cicatrisent progressivement sur plusieurs semaines, avec une gêne qui doit diminuer. La sensation de tiraillement peut durer plus longtemps, surtout en position assise ou lors des rapports. Si la douleur reste vive, si la cicatrice est dure, rouge, ouverte ou très sensible, un contrôle est nécessaire.

Les fils d’épisiotomie doivent-ils être retirés ?

Le plus souvent, les fils utilisés sont résorbables et disparaissent seuls. Il arrive de sentir un petit fil ou un nœud pendant un certain temps. Ne tirez pas dessus. S’il pique, gêne beaucoup, saigne ou semble associé à une inflammation, demandez à une sage-femme ou à un médecin de vérifier la cicatrice.

Une épisiotomie augmente-t-elle le risque d’en avoir une autre ?

Pas forcément. Un antécédent d’épisiotomie ne signifie pas que le geste sera répété à l’accouchement suivant. L’équipe tiendra compte de la cicatrice, du déroulement du travail, de la position du bébé, de la souplesse du périnée et d’éventuelles complications passées. Signalez toujours comment s’est passée la cicatrisation précédente.

Sources et références

  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français, recommandations pour la pratique clinique sur la prévention et la protection périnéale en obstétrique
  • Haute Autorité de santé, recommandations sur la préparation à la naissance, le suivi de grossesse et le suivi postnatal
  • Assurance maladie, informations patientes sur l’accouchement, les suites de couches et la rééducation périnéale
  • Santé publique France, ressources sur la grossesse, l’accouchement et la santé en période post-partum