Oui, on peut tomber enceinte pendant ses règles, mais le risque varie selon la longueur et la régularité du cycle, ainsi que le moment précis du rapport. En pratique, ce risque est faible au tout début des règles et augmente à la fin si l’ovulation arrive tôt. Comprendre sa « fenêtre de fertilité » aide à situer ce risque et à adapter sa contraception.
Rappels rapides sur le cycle et la « fenêtre de fertilité »
Le cycle menstruel commence le premier jour des règles. L’ovulation se produit une seule fois par cycle, après une phase dite folliculaire dont la durée peut fortement varier d’une personne à l’autre. La fertilité est maximale dans les jours qui précèdent l’ovulation et le jour de l’ovulation. C’est pourquoi un rapport non protégé survenant quelques jours avant l’ovulation peut mener à une grossesse, même si des saignements sont encore présents.
Les méthodes naturelles de contraception rappellent d’ailleurs que les rapports non protégés doivent être évités durant les jours fertiles qui précèdent et suivent l’ovulation, qui peut être repérée par des signes comme une glaire cervicale plus abondante, fluide et filante. Ces éléments confirment que la fenêtre fertile déborde souvent au-delà du « seul jour » de l’ovulation.
Pourquoi une grossesse pendant les règles est possible
Trois situations expliquent l’essentiel des grossesses « pendant les règles » :
1. Cycles courts ou ovulation précoce. Si le cycle dure 21 à 24 jours, l’ovulation peut survenir très tôt après la fin des règles. Un rapport non protégé lors des derniers jours de saignement peut donc tomber dans la période fertile.
2. Fin des règles proche de l’ovulation. Même avec un cycle « standard » de 26 à 28 jours, la phase folliculaire n’est pas fixe. Quand elle est courte, l’ovulation peut survenir peu de jours après l’arrêt du flux. Un rapport en fin de règles augmente alors le risque.
3. Saignements confondus avec des règles. Certains saignements ne sont pas des règles (spotting d’ovulation, saignements liés à une contraception, début de grossesse). Avoir un rapport non protégé en pensant être « couverte » par des règles alors qu’il s’agit d’un autre type de saignement peut conduire à une conception.
Évaluer concrètement le risque selon la longueur du cycle
Cycle court (21 à 24 jours) : risque non négligeable dès la fin des règles. Exemple utile : si les règles durent 5 jours et que l’ovulation survient vers J10 ou J11, des rapports à J4-J5 peuvent se situer peu avant la fenêtre fertile.
Cycle dit « régulier » (26 à 28 jours) : risque faible au tout début des règles, modéré en fin de règles si la phase folliculaire est plus courte que d’habitude.
Cycle long (≥ 32-35 jours) : l’ovulation est plus tardive, la fin des règles est souvent éloignée de la période fertile. Le risque pendant les règles est généralement faible, mais il augmente dès l’approche de l’ovulation si des rapports non protégés ont lieu après la fin des saignements.
À retenir : l’ovulation n’arrive pas « forcément » à J14. La variabilité de la phase folliculaire explique des fenêtres fertiles très différentes d’une personne à l’autre, y compris au sein d’une même année.
Indices utiles pour repérer les jours plus à risque
Certains signes corporels coïncident avec l’approche de l’ovulation : glaire cervicale abondante, claire et filante, légère élévation de température au réveil après l’ovulation, tests urinaires d’hormone LH positifs 24 à 48 heures avant l’ovulation. Si vous observez une glaire fertile alors que vos saignements s’achèvent à peine, considérez que la période devient risquée pour une grossesse en cas de rapport non protégé.
Et le retrait pendant les règles ?
Le retrait n’est pas une méthode fiable. Il expose à un risque de grossesse et ne protège pas des IST. Pendant les règles, le préservatif reste la solution la plus simple pour se protéger à la fois d’une grossesse non planifiée et des infections sexuellement transmissibles.
Cas particuliers qui modifient le risque
Adolescence, post-partum, périménopause : les cycles sont souvent irréguliers, ce qui rend l’ovulation plus difficile à anticiper. Le risque « pendant les règles » est alors moins prévisible.
Contraception hormonale : les saignements sous pilule, implant ou dispositif hormonal ne sont pas toujours de « vraies » règles. Une prise irrégulière, un oubli ou une interaction médicamenteuse peuvent déclencher des saignements et une ovulation imprévue. Ne considérez jamais des saignements sous contraception comme une garantie d’infertilité à ce moment-là.
Quand faire un test et quand consulter
Après un rapport non protégé autour des règles, faites un test urinaire au moins 3 semaines après le rapport à risque ou dès un retard de règles par rapport à votre schéma habituel. Consultez rapidement si vous avez des douleurs pelviennes avec saignements après un retard, car cela peut évoquer une grossesse extra-utérine ou une fausse couche. En cas de doutes répétés sur vos saignements (règles inhabituellement longues, très abondantes, ou saignements entre les règles), un bilan est indiqué.
Que faire en cas de rapport à risque pendant les règles ?
Agissez sans attendre : la contraception d’urgence orale est disponible en pharmacie. Elle est plus efficace si elle est prise tôt. Deux options existent selon la molécule, avec des délais d’efficacité maximale différents. Un professionnel de santé peut vous orienter, notamment si vous souhaitez poser un dispositif intra-utérin au cuivre qui constitue aussi une méthode d’urgence très efficace. Si vous n’avez pas de contraception au long cours, profitez de cette consultation pour en discuter.
Réponses rapides aux questions fréquentes
Risque au tout début des règles : faible en général, mais pas nul si l’ovulation survient tôt ce cycle-ci.
Risque en fin de règles : plus élevé, car on peut déjà entrer dans la période fertile si la phase folliculaire est courte.
Les « règles » protègent-elles d’une grossesse ? Non. Les saignements ne garantissent pas l’absence d’ovulation proche, et certains saignements ne sont pas des règles.
Comment réduire le risque : utilisez un préservatif à chaque rapport pendant les règles si vous ne souhaitez pas de grossesse. En cas d’imprévu, tournez-vous rapidement vers la contraception d’urgence et planifiez une méthode de contraception fiable pour la suite.
Le bon réflexe
Si vous ne cherchez pas à concevoir, considérez que les rapports non protégés pendant les règles ne sont pas « sûrs ». Protégez-vous systématiquement, et si un doute persiste, testez-vous au bon moment. En cas de saignements inhabituels ou de douleur après un retard, consultez sans tarder. C’est le moyen le plus sûr d’éviter des complications et d’avoir des réponses claires sur votre fertilité et votre contraception.
Sources
ameli.fr (Assurance Maladie) : Les méthodes naturelles de contraception : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/contraception/methodes-naturelles-contraception
ameli.fr (Assurance Maladie) : Saignements entre les règles ou règles très abondantes : quand consulter ? : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/saignements-gynecologiques-anormaux/saignements-entre-les-regles-ou-regles-tres-abondantes-longues-le-bilan
ameli.fr (Assurance Maladie) : Grossesse : premiers signes et déroulement : https://www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/grossesse-en-bonne-sante/grossesse/premiers-symptomes-grossesse
Inserm, Salle de presse : Idées reçues. Santé des femmes (variabilité de la phase folliculaire) : https://presse.inserm.fr/fake_news_cats/sante-des-femmes/
Inserm : Contraception. Dossier (délais de la contraception d’urgence) : https://www.inserm.fr/dossier/contraception/