Vendredi 25 septembre 2026

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Pilule du lendemain : quand la prendre et que faire

La pilule du lendemain se prend le plus vite possible après un rapport à risque. Deux options existent en pharmacie, selon le délai, avec des consignes différentes ensuite.

Pilule du lendemain : quand la prendre et que faire

L’essentiel

  • La pilule du lendemain doit être prise le plus vite possible après un rapport à risque.
  • En France, elle est disponible en pharmacie sans ordonnance et sans avance de frais selon les règles de l’Assurance maladie.
  • Elle ne protège pas des IST et ne remplace pas une contraception régulière.
  • Un test de grossesse est conseillé en cas de retard de règles ou de doute.

Un préservatif qui craque, une pilule oubliée, un rapport non protégé, un doute sur l’anneau ou le patch : la contraception d’urgence sert à réduire le risque de grossesse après un rapport sexuel à risque. Elle est faite pour les situations imprévues, sans jugement et sans justification à donner.

On l’appelle souvent « pilule du lendemain », mais ce nom est trompeur : il ne faut pas attendre le lendemain. Plus elle est prise tôt, meilleures sont les chances d’éviter une grossesse. Selon le délai, la situation médicale et la contraception habituelle, le pharmacien, la sage-femme ou le médecin peut orienter vers l’option la plus adaptée.

Quand prendre la pilule du lendemain après un rapport à risque ?

La bonne règle est simple : dès que possible. La contraception d’urgence hormonale agit surtout en retardant ou en bloquant l’ovulation. Si l’ovulation a déjà eu lieu, son efficacité peut être moindre. C’est pourquoi chaque heure compte, même si certaines options restent possibles plusieurs jours après le rapport.

Un rapport est considéré à risque lorsque vous ne souhaitez pas de grossesse et qu’il y a eu, par exemple :

  • rapport vaginal sans contraception ;
  • préservatif absent, déchiré, glissé ou retiré trop tard ;
  • oubli de pilule, retard de patch, d’anneau, d’injection ou problème avec un implant ;
  • expulsion ou doute sur un dispositif intra-utérin ;
  • vomissements ou diarrhée importante après une prise de pilule contraceptive, selon le délai ;
  • rapport sous contrainte, ou situation où vous n’avez pas pu choisir librement la protection.

En cas d’oubli de pilule, la conduite dépend du type de pilule, du nombre de comprimés oubliés et de la semaine de la plaquette. Si vous ne savez pas quoi faire, allez en pharmacie avec votre plaquette ou montrez la notice sur votre téléphone.

Quelles sont les contraceptions d’urgence disponibles ?

Il existe deux grandes familles : les comprimés de contraception d’urgence et le dispositif intra-utérin au cuivre, souvent appelé stérilet au cuivre. Le choix dépend du délai depuis le rapport, de vos traitements, de votre situation et de votre souhait d’avoir, ou non, une contraception durable ensuite.

OptionDélai habituel après le rapportÀ savoir
Comprimé au lévonorgestrelLe plus tôt possible, dans les 3 joursDisponible en pharmacie sans ordonnance. Les consignes de reprise de la contraception sont généralement simples, mais demandez conseil.
Comprimé à l’ulipristalLe plus tôt possible, jusqu’à 5 joursPeut être proposé quand le délai est plus long. Il impose des précautions particulières avec la contraception hormonale.
DIU au cuivreJusqu’à 5 jours dans la plupart des situationsMis en place par un professionnel formé. Il sert aussi de contraception au long cours.

Le DIU au cuivre peut être une très bonne option si vous souhaitez une contraception fiable pour la suite. Sa pose nécessite un rendez-vous rapide auprès d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un centre de santé sexuelle. Pour comprendre son fonctionnement au quotidien, vous pouvez lire notre article sur le stérilet et ses différentes options.

Comment obtenir la pilule du lendemain en France ?

La contraception d’urgence hormonale est disponible en pharmacie sans ordonnance. Vous pouvez la demander directement au comptoir. Le pharmacien doit vous informer sur le délai, les effets possibles, la reprise de la contraception et la prévention des infections sexuellement transmissibles. Vous n’avez pas à expliquer votre vie intime en détail.

En France, elle peut être délivrée sans avance de frais dans le cadre prévu par l’Assurance maladie. Les mineures peuvent la demander de façon anonyme. Elle peut aussi être obtenue auprès d’une infirmière scolaire, d’un service de santé universitaire, d’un centre de santé sexuelle ou d’un professionnel de santé.

Si le rapport date de plusieurs jours, ne renoncez pas seule : allez quand même demander conseil. Une contraception d’urgence peut encore être envisageable, notamment avec l’ulipristal ou le DIU au cuivre selon le délai. Si le délai est dépassé, le professionnel vous indiquera quand faire un test de grossesse et comment vous protéger pour la suite.

La pilule du lendemain est-elle une pilule abortive ?

Non. La pilule du lendemain n’est pas une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse. Elle agit avant une éventuelle grossesse, principalement en retardant l’ovulation. Elle n’interrompt pas une grossesse déjà commencée et ne remplace pas les médicaments utilisés dans le cadre d’une IVG.

Si vous étiez déjà enceinte sans le savoir, la prise d’une contraception d’urgence hormonale ne doit pas vous faire paniquer. Le bon réflexe est de contacter un médecin, une sage-femme ou un centre de santé sexuelle pour dater la grossesse, vérifier qu’elle évolue au bon endroit et parler des options possibles selon votre souhait.

Le cycle peut être un peu décalé après la prise : règles en avance, en retard, plus abondantes ou plus légères. Cela ne suffit pas à confirmer que la contraception d’urgence a fonctionné. Le repère le plus fiable reste le test de grossesse au bon moment.

Quels effets secondaires peut-on ressentir ?

La plupart des effets sont passagers. Ils peuvent varier selon la molécule et selon les personnes. Les plus fréquents sont des nausées, des douleurs de ventre, une fatigue, des maux de tête, des seins sensibles, de petits saignements ou un décalage des règles. Ces symptômes disparaissent généralement sans traitement particulier.

Si vous vomissez peu après la prise, contactez rapidement une pharmacie ou un professionnel de santé : la contraception d’urgence a peut-être été mal absorbée et une nouvelle conduite peut être nécessaire. Ne reprenez pas un comprimé de votre propre initiative sans avis.

Certains médicaments peuvent diminuer l’efficacité de la contraception d’urgence hormonale, par exemple des traitements utilisés contre l’épilepsie, la tuberculose, le VIH, certaines infections, ou des produits à base de millepertuis. Signalez toujours vos traitements, même ponctuels ou « naturels », au pharmacien ou au médecin.

L’allaitement mérite aussi un conseil personnalisé : les consignes ne sont pas les mêmes selon la contraception d’urgence utilisée. Un professionnel vous dira si une précaution temporaire est nécessaire.

Que faire après avoir pris la pilule du lendemain ?

Après la prise, protégez-vous jusqu’aux prochaines règles ou jusqu’à ce que votre contraception habituelle soit de nouveau efficace. La pilule du lendemain ne couvre pas les rapports qui ont lieu après sa prise. Si un nouveau rapport non protégé survient dans le même cycle, il faut demander conseil rapidement, car la conduite dépend de la molécule déjà prise.

La reprise de la contraception habituelle varie selon le type de contraception d’urgence. Après certains comprimés, la contraception hormonale peut être poursuivie rapidement. Après l’ulipristal, il faut respecter un délai avant de reprendre ou commencer une contraception hormonale, car les hormones peuvent réduire son action. Dans tous les cas, utilisez des préservatifs pendant la période indiquée par le pharmacien, la notice ou le professionnel de santé.

Faites un test de grossesse si vos règles ont plus de quelques jours de retard, si elles sont anormalement légères, si vous avez des symptômes de grossesse, ou simplement si vous avez besoin d’être rassurée. Le test urinaire est fiable lorsqu’il est fait au bon moment après le rapport à risque. En cas de doute sur les dates, un professionnel peut vous orienter vers un test sanguin.

Pour suivre l’arrivée attendue de vos règles, notre calculateur de règles peut servir de repère, mais il ne remplace pas un test de grossesse ni un avis médical si le cycle est inhabituel.

Quand consulter rapidement ou appeler les urgences ?

La contraception d’urgence est bien tolérée, mais certaines situations demandent un avis médical rapide. Consultez sans attendre si vous avez une douleur forte d’un côté du bas-ventre, des vertiges, un malaise, une douleur à l’épaule, des saignements importants ou un test de grossesse positif avec douleurs. Ces signes peuvent évoquer une grossesse extra-utérine, rare mais à prendre au sérieux.

Appelez le 15 ou allez aux urgences en cas de malaise, douleur intense, saignement très abondant, fièvre importante, réaction allergique avec gonflement du visage ou gêne respiratoire, ou si vous vous sentez en danger après une agression sexuelle. Après un rapport imposé ou subi, une prise en charge médicale peut proposer contraception d’urgence, prévention des infections, soutien psychologique et démarches médico-légales si vous le souhaitez.

Un rapport non protégé expose aussi aux infections sexuellement transmissibles. La pilule du lendemain ne protège ni du VIH, ni de la chlamydia, ni de la gonorrhée, ni des autres IST. Selon la situation, un dépistage et parfois un traitement préventif doivent être discutés très vite. La rubrique sexualité et santé sexuelle peut vous aider à retrouver les bons réflexes de prévention.

Comment éviter de revivre cette urgence ?

Utiliser une contraception d’urgence une fois, ou même plusieurs fois, ne rend pas stérile et ne « dérègle » pas le corps durablement. En revanche, ce n’est pas la méthode la plus confortable au quotidien : elle est moins prévisible qu’une contraception régulière et peut générer beaucoup de stress.

Si l’épisode est lié à des oublis répétés, à une méthode qui ne vous convient plus ou à une relation où la protection se négocie difficilement, un rendez-vous avec une sage-femme, un médecin ou un centre de santé sexuelle peut aider à choisir autre chose. Pilule, implant, DIU, anneau, patch, préservatifs, contraception définitive dans certains parcours : il n’existe pas une méthode parfaite pour toutes, mais souvent une option plus adaptée à votre rythme de vie.

Vous pouvez aussi parcourir la rubrique contraception pour comparer les méthodes et préparer vos questions avant une consultation.

Questions fréquentes

Peut-on prendre la pilule du lendemain plusieurs fois dans le même cycle ?

Cela peut arriver, et ce n’est pas un motif de honte. Il faut toutefois demander conseil à un pharmacien, une sage-femme ou un médecin, car la conduite dépend du comprimé déjà pris, du délai et des rapports survenus ensuite. Des saignements ou un cycle décalé sont possibles. Une contraception régulière pourra être discutée pour éviter de revivre cette situation.

La pilule du lendemain fonctionne-t-elle pendant l’ovulation ?

Elle agit surtout en retardant l’ovulation. Si l’ovulation est déjà passée, son efficacité peut diminuer. Comme il est difficile de connaître précisément le jour de l’ovulation, il faut la prendre le plus tôt possible après le rapport. Si le délai est avancé ou si le risque paraît élevé, le DIU au cuivre peut être discuté rapidement avec un professionnel.

Dois-je faire un test de grossesse après la pilule du lendemain ?

Oui si vos règles sont en retard, inhabituelles, très peu abondantes, ou si vous avez des symptômes de grossesse. Un test est aussi utile si vous ne savez pas dater votre cycle. S’il est positif, contactez un professionnel de santé. En cas de douleur forte d’un côté du ventre, malaise ou saignements importants, consultez en urgence.

Faut-il une ordonnance pour obtenir la pilule du lendemain ?

Non. En France, la contraception d’urgence hormonale est disponible en pharmacie sans ordonnance. Elle peut être délivrée sans avance de frais selon les conditions prévues par l’Assurance maladie, avec anonymat possible pour les mineures. Vous pouvez aussi vous adresser à une infirmière scolaire, un service de santé universitaire ou un centre de santé sexuelle.

Sources et références

  • Haute Autorité de santé, recommandations sur la contraception et la contraception d’urgence
  • Assurance maladie, informations sur la contraception d’urgence et sa prise en charge
  • ANSM, documents d’information sur les contraceptions d’urgence hormonales
  • Santé publique France, informations sur la santé sexuelle et la prévention des infections sexuellement transmissibles
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français, ressources sur la contraception et les dispositifs intra-utérins