Lundi 12 octobre 2026

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Test O’Sullivan : ce qui le remplace pendant la grossesse

Le test O’Sullivan a largement laissé place à l’HGPO à 75 g, proposée surtout en cas de facteurs de risque. Voici le déroulement, les résultats et la suite du suivi.

Test O’Sullivan : ce qui le remplace pendant la grossesse

L’essentiel

  • Le test O’Sullivan à 50 g n’est plus l’examen de référence dans le suivi habituel de grossesse.
  • Le dépistage actuel repose surtout sur une glycémie à jeun en début de grossesse, puis une HGPO à 75 g entre 24 et 28 SA si vous avez des facteurs de risque.
  • L’HGPO se fait à jeun au laboratoire, avec trois prises de sang : avant, 1 heure puis 2 heures après la boisson sucrée.
  • En cas de diabète gestationnel, le suivi associe conseils alimentaires, activité adaptée, autosurveillance et parfois insuline.

Vous avez entendu parler du test O’Sullivan pour dépister le diabète gestationnel et vous vous demandez si vous devez le faire ? Le nom circule encore beaucoup, dans les conversations comme sur certains comptes rendus, mais la pratique a changé. Aujourd’hui, les équipes de maternité utilisent plutôt l’HGPO, pour hyperglycémie provoquée par voie orale, avec 75 g de glucose.

Ce dépistage ne concerne pas forcément toutes les femmes enceintes. Il dépend de votre histoire médicale, de votre âge, de votre poids avant la grossesse, de vos antécédents familiaux et parfois de ce que montrent les échographies. L’objectif n’est pas de vous faire entrer dans un régime strict, mais de repérer un trouble de la glycémie assez tôt pour protéger votre santé et celle du bébé.

Le test O’Sullivan est-il encore utilisé pendant la grossesse ?

Le test O’Sullivan était un test de dépistage avec une boisson contenant 50 g de glucose, puis une prise de sang environ une heure plus tard. Il ne nécessitait pas toujours d’être à jeun. En cas de résultat élevé, un second examen plus long pouvait être demandé pour confirmer ou non le diabète gestationnel.

Dans le suivi actuel en France, on parle plutôt de dépistage du diabète gestationnel par glycémie à jeun et, quand c’est indiqué, par HGPO à 75 g. Certaines soignantes et certains laboratoires emploient encore le nom « O’Sullivan » par habitude pour désigner le test au sucre, mais il ne s’agit pas du même protocole.

La différence compte : l’HGPO à 75 g est à la fois un test de dépistage et de diagnostic. Une seule valeur anormale parmi les trois mesures suffit en général à retenir le diagnostic de diabète gestationnel, après interprétation par l’équipe qui suit votre grossesse.

Ancien test O’SullivanDépistage actuel le plus utilisé
Boisson à 50 g de glucoseHGPO avec 75 g de glucose
Une prise de sang après 1 heureTrois prises de sang : à jeun, à 1 heure, à 2 heures
Test de dépistage, souvent suivi d’un autre test si besoinTest permettant de poser le diagnostic si un seuil est atteint
Pas toujours réalisé à jeunRéalisé à jeun, au laboratoire

Qui doit faire un dépistage du diabète gestationnel ?

Le dépistage est proposé dès le début de grossesse si vous présentez au moins un facteur de risque connu. Il commence souvent par une glycémie à jeun prescrite lors des premiers examens sanguins. Si cette glycémie est normale, une HGPO à 75 g peut ensuite être proposée entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire 24 à 28 semaines depuis le premier jour des dernières règles.

Les facteurs de risque habituellement pris en compte sont :

  • un âge maternel de 35 ans ou plus ;
  • un indice de masse corporelle élevé avant la grossesse ;
  • un diabète chez un parent du premier degré, comme un père, une mère, un frère ou une sœur ;
  • un antécédent personnel de diabète gestationnel ;
  • un antécédent de bébé de poids élevé à la naissance.

Même sans facteur de risque au départ, un dépistage peut être discuté plus tard si l’échographie montre un bébé plus gros que prévu ou un excès de liquide amniotique. Pour situer la période de l’examen dans votre suivi, vous pouvez utiliser le convertisseur de semaines d’aménorrhée ou consulter le calendrier de grossesse.

Comment se déroule l’HGPO à 75 g au laboratoire ?

L’HGPO se réalise au laboratoire d’analyses médicales, sur prescription. Le rendez-vous est généralement prévu le matin, car vous devez être à jeun. Le laboratoire vous précise les consignes pratiques : heure du dernier repas, possibilité de boire un peu d’eau, documents à apporter, durée de présence sur place.

Le déroulement suit trois étapes. Une première prise de sang mesure la glycémie à jeun. Vous buvez ensuite une solution contenant 75 g de glucose. Deux autres prises de sang sont faites, environ 1 heure puis 2 heures après l’ingestion.

Pendant l’attente, il est demandé de rester sur place, au repos, sans manger ni fumer. Marcher longtemps, faire des courses ou aller travailler entre deux prélèvements fausserait l’interprétation. Certaines femmes ressentent des nausées, une sensation de chaleur ou un malaise passager, car la boisson est très sucrée. Si vous vomissez, signalez-le au laboratoire : le test peut devenir non interprétable et votre sage-femme ou votre médecin décidera de la suite.

Si vous avez déjà fait un malaise lors d’une prise de sang ou si vous supportez mal le jeûne, prévenez l’équipe avant le test. Prévoyez aussi une collation pour après le dernier prélèvement, si le laboratoire l’autorise.

Quels résultats indiquent un diabète gestationnel ?

Les résultats sont interprétés à partir des valeurs de glycémie mesurées dans le sang veineux. Dans le cadre de l’HGPO à 75 g, les seuils couramment utilisés sont les suivants :

Moment de la prise de sangSeuil évocateur de diabète gestationnel
À jeunGlycémie à 0,92 g/L ou plus
1 heure après la boisson sucréeGlycémie à 1,80 g/L ou plus
2 heures après la boisson sucréeGlycémie à 1,53 g/L ou plus

Une seule valeur atteignant ou dépassant le seuil peut suffire au diagnostic. Si la glycémie à jeun est nettement élevée dès le début de grossesse, l’équipe peut aussi rechercher un diabète préexistant, parfois méconnu avant la grossesse. Dans tous les cas, ne modifiez pas seule votre alimentation à partir d’un chiffre isolé : l’interprétation doit tenir compte du contexte, du terme et de vos antécédents.

Les mesures au bout du doigt, réalisées avec un lecteur de glycémie, ne remplacent pas l’HGPO pour poser le diagnostic. Elles servent plutôt au suivi lorsqu’un diabète gestationnel a été confirmé.

Pourquoi dépister le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel correspond à une élévation du taux de sucre dans le sang pendant la grossesse. Il apparaît parce que le placenta produit des hormones qui rendent l’insuline moins efficace. Le pancréas doit alors travailler davantage. Chez certaines femmes, l’adaptation ne suffit pas.

Le plus souvent, vous ne ressentez aucun symptôme. C’est justement pour cela que le dépistage est utile chez les femmes à risque. Une glycémie trop élevée peut favoriser une croissance excessive du bébé, un excès de liquide amniotique, une hypertension pendant la grossesse ou des difficultés à l’accouchement. Après la naissance, le nouveau-né peut aussi avoir besoin d’une surveillance de sa glycémie.

Ces risques ne signifient pas que la grossesse va mal se passer. Lorsqu’il est repéré et suivi, le diabète gestationnel est le plus souvent compatible avec une grossesse sereine. L’enjeu est de trouver le bon équilibre : assez d’énergie pour vous et votre bébé, sans excès répétés de sucre dans le sang. Le suivi du poids peut faire partie de cette discussion, avec des repères adaptés à votre situation, comme ceux de l’outil sur la prise de poids pendant la grossesse.

Que se passe-t-il si le test est positif ?

Après un diagnostic de diabète gestationnel, l’équipe vous oriente souvent vers une sage-femme, un médecin, une diététicienne ou une équipe spécialisée. Le premier traitement repose sur l’alimentation adaptée et l’activité physique compatible avec la grossesse. Il ne s’agit pas de supprimer tous les féculents ou tous les fruits. Le but est de répartir les apports en glucides, de choisir des aliments qui élèvent moins brutalement la glycémie et d’éviter les boissons sucrées.

On vous apprend généralement à mesurer votre glycémie à certains moments de la journée avec un lecteur. Les objectifs et la fréquence des contrôles sont fixés par l’équipe, selon vos résultats. Si les glycémies restent trop élevées malgré les mesures hygiéno-diététiques, un traitement par insuline peut être proposé. Les médicaments et les injections pendant la grossesse se décident toujours avec un professionnel de santé.

Le suivi obstétrical peut aussi être ajusté : échographies, surveillance de la croissance du bébé, discussion autour du lieu et des modalités d’accouchement. La plupart des femmes poursuivent leur grossesse sans complication sévère, avec une organisation un peu plus structurée au quotidien.

Quand consulter rapidement pendant la grossesse ?

Le diabète gestationnel donne rarement des signes visibles. Contactez votre maternité, votre sage-femme ou votre médecin si vous avez des résultats de glycémie souvent en dehors des objectifs donnés, si vous ne parvenez plus à manger correctement, si les nausées ou vomissements empêchent de boire, ou si vous vous sentez très faible.

Appelez le 15 ou allez aux urgences de maternité en cas de malaise important, confusion, perte de connaissance, difficultés à respirer, douleurs abdominales intenses, saignements, perte de liquide, fièvre élevée, maux de tête violents avec troubles visuels, ou diminution nette des mouvements du bébé. Si vous êtes traitée par insuline, un malaise avec sueurs, tremblements, troubles de la parole ou somnolence doit être pris au sérieux.

Et après l’accouchement ?

Dans la majorité des cas, la glycémie se normalise après la naissance, car le placenta n’est plus là pour perturber l’action de l’insuline. Cela ne dispense pas d’un contrôle après l’accouchement : l’équipe vous indiquera quand vérifier que le diabète gestationnel a bien disparu.

Avoir eu un diabète gestationnel augmente le risque d’en refaire lors d’une future grossesse et de développer plus tard un diabète de type 2. Ce risque peut être réduit par un suivi médical régulier, une alimentation équilibrée, une activité physique adaptée et une attention au poids, sans culpabilité. Si vous préparez une autre grossesse, signalez toujours cet antécédent dès la première consultation dans la rubrique grossesse ou auprès de votre professionnel de santé.

Questions fréquentes

Faut-il être à jeun pour le test du diabète gestationnel ?

Oui, pour l’HGPO à 75 g, le test se fait à jeun, sauf consigne particulière du laboratoire ou du médecin. Le plus souvent, le rendez-vous est pris le matin. Vous restez sur place pendant les deux heures de prélèvements, sans manger. Le laboratoire vous précisera si vous pouvez boire un peu d’eau avant ou pendant l’examen.

Le test au glucose est-il dangereux pour le bébé ?

L’HGPO peut être désagréable pour vous, car la boisson est très sucrée et peut provoquer des nausées. Elle n’est pas considérée comme dangereuse pour le bébé lorsqu’elle est prescrite dans le cadre du dépistage. Si vous avez une situation médicale particulière ou si vous avez déjà très mal toléré ce test, parlez-en avant avec l’équipe qui suit votre grossesse.

Que faire si je vomis pendant l’HGPO ?

Prévenez immédiatement le personnel du laboratoire. Si vous vomissez la solution sucrée, le test peut ne plus être interprétable. Ne décidez pas seule de le recommencer le lendemain : votre sage-femme ou votre médecin vous indiquera la conduite à tenir, selon le terme de la grossesse, vos facteurs de risque et les résultats déjà disponibles.

Peut-on refuser le dépistage du diabète gestationnel ?

Comme tout examen, le dépistage doit vous être expliqué et votre accord est recherché. Si vous hésitez, demandez à votre sage-femme ou à votre médecin de préciser votre niveau de risque, les bénéfices attendus et les contraintes du test. Une décision partagée permet de choisir la surveillance la plus adaptée, sans banaliser ni dramatiser.

Sources et références

  • Haute Autorité de santé, recommandations sur le suivi et l’orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français, recommandations pour la pratique clinique sur le diabète gestationnel
  • Société francophone du diabète, référentiels sur le diabète gestationnel et la grossesse
  • Assurance maladie, informations patientes sur le diabète gestationnel et le suivi de grossesse