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Pipi au lit

samedi 7 février 2009.
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Il y a notablement plus de garçons que de filles qui font encore pipi au lit la nuit au delà de deux ans et demi. Il y plusieurs raisons à cela mais une des plus fréquentes est que les mères sollicitent leur fils à contre temps. Beaucoup de mamans ne savent pas distinguer dans les trémoussements de leur petit garçon ce qui tient à son envie réelle de faire pipi et ce qui tient à l’excitation qu’il éprouve quand il est en état d’érection. Ce qui fait le malentendu est qu’un garçon jusque vers quinze ou vingt mois peut pisser en état d’érection. Il n’est pas rare que le bébé que sa mère est en train de changer arrose copieusement sa mère de son jet d’urine avec une verge raide. Après vingt mois - c’est purement physiologique et fait partie du développement génito-urinaire du petit garçon- la fonction érectile du pénis et sa fonction urétrale ne sont plus concomitantes. Le garçon ne peut plus pisser en état d’érection. Si la mère le sollicite donc à contre temps, le petit ne va plus s’y reconnaître. Cela peut favoriser son excitation ; il veut que sa mère manipule son pénis mais il est hors d’état de pisser. La mère s’énerve, imaginant qu’il y met de la mauvaise volonté. Ce petit jeu, l’enfant le répète dans ses rêves et il pisse dans son sommeil.

Comment arrêter ce malentendu et cette relation de conflit ? En expliquant à l’enfant ce que c’est qu’une érection, quelle en est la double fonction jouissive et féconde et pas seulement urétrale. Son pénis n’est pas seulement un fait-pipi mais ce qui lui permettra d’être comme papa, d’avoir plus tard une femme de son âge et de devenir un papa. Un enfant qui fait pipi au lit est un enfant qu’on n’a pas su mettre dans la perspective de devenir grand. C’est un enfant qui est tenu en état de dépendance par sa mère qui tient à ce que tout passe par elle. La meilleure façon d’arrêter le cycle infernal des menaces et des promesses de récompenses est de le rendre parfaitement autonome, avec le pot près du lit, la lampe de chevet à portée de main, des couches faciles à mettre et à enlever seul. Il existe maintenant des couches-culottes jetables dans le commerce.

Les filles énurétiques sont dans une situation un peu différente ; Elles possèdent aussi un organe érectile, la masturbation les met aussi en état d’excitation qui peut se conclure par une miction. La petite fille qui se masturbe dans un demi-sommeil n’en est pas tout à fait consciente. Elle peut être grandement soulagée dans ses rêveries assez envieuses vis à vis du garçon si elle peut entendre de la bouche de sa mère ce qu’elle peut attendre de la jouissance sexuelle. Une mère frigide aura beaucoup de mal à se montrer rassurante dans ce domaine. On reste toujours confondu de l’ignorance où une petite fille peut avoir été laissée par sa mère. Certaines n’hésitent pas à faire complaisamment le récit circonstancié de leur long accouchement et font beaucoup moins aisément allusion à ce qui peut faire pour une femme le bonheur de l’existence. J’ai connu une jeune fille névrosée qui imaginait que la scène sexuelle à l’origine de sa propre naissance avait duré des heures qui avait obligé sa mère à endurer des douleurs abdominales, confondant par là scène sexuelle et récit de son accouchement longuement détaillé. Il est évident que sa mère n’avait guère aimé sa vie de femme.

Certaines petites filles gardent longtemps rancune à leur mère ou à leur père de ne pas les avoir fait naître garçon. Elles revendiquent agressivement de se conduire comme un petit mâle et se refusent à toute coquetterie féminine. L’énurésie petit être une façon de se complaire masochiquement dans une opposition à toute séduction et pour cela la petite fille préfère le mijotement régressif dans ses urines à ce qui pourrait être interprété comme désir de plaire. Il ne leur a pas été proposé d’image féminine à laquelle elle puisse se référer ou, au contraire, elles ont pris en horreur la féminité ostentatoire de leur mère. Il arrive aussi que (les filles très exposées aux désirs incestueux ou pédophiles de leurs proches se protègent en refusant de se laver et préfèrent répandre une odeur d’urine pour les tenir à distance. C’est le moyen qu’avait trouvé une adolescente dont les deux aînées avaient subi les assauts d’un père alcoolique et violent.

Pour toutes ces raisons, il est préférable de consulter un service de psychologie plutôt que de laisser se prolonger des attitudes qui masquent souvent des souffrances réelles, quand l’énurésie se prolonge au delà de six ans.


Denise Vincent Voir la fiche de cet auteur


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