- Au niveau du vagin et du col.
- Adénose.
Très fréquente. Elle se présente sous forme de plaques d’un tissu, l’épithélium cylindrique, dont la présence est normalement limitée à l’intérieur du col. On les retrouve dans ces cas là tapissant le vagin ou l’extérieur du col de l’utérus. L’adénose est souvent silencieuse mais peut occasionner des pertes blanches excessives. Les plaques régressent souvent spontanément. A leur périphérie, le risque est néanmoins augmenté de voir survenir des cancers, de ceux que l’on voit sur le col utérin.
On se contente de surveiller, par l’examen des lésions et le frottis.
- Les modifications de la forme du col.
Ils prennent plusieurs aspects. Ils sont plus petits, plus courts et le siège de fentes et déformations diverses.
- Le cancer à cellules claires du vagin et du col.
Il se manifeste souvent par des saignements. Il est souvent diagnostiqué tardivement, soit parce qu’on a cru à un dérèglement hormonal, soit parce qu’on n’a pas pu le voir, les branches du spéculum recouvrant, lors de l’examen, les lésions qui se situent sur les parois.
- Au niveau de l’utérus et des trompes.
- L’utérus est plus petit. La cavité est réduite, en forme de T. La fréquence de l’atteinte de la cavité utérine varie entre 66 et 50% en fonction du moment de la prise du distilbène par la mère. Plus c’est précoce, plus c’est grave.
- Les trompes. Les modifications sont sont plus rares et moins graves.
- Stérilité. L’exposition au produit entraîne une fréquence accrue de ce problème. Un tiers des jeunes femmes ont eu à souffrir de périodes de stérilité primaire, c’est à dire de difficultés à concevoir leur premier enfant.
- Le déroulement de la grossesse.
Plus d’avortements spontanés, plus de grossesses se développant hors de l’utérus (GEU).
On note aussi plus d’accouchements prématurés.
Il faut bien l’avouer, même et surtout quand on est médecin, on joue parfois aux apprentis sorciers. On croit les protocoles destinés à tester les médicaments au point. On préjuge de l’indépendance et de la clairvoyance de ceux qui publient des résultats mirifiques et encouragent à les prescrire. Bref, on surestime largement son savoir et son pouvoir. Depuis le Distilbène en passant par la thalidomide, le sang contaminé et la vache folle, il faut prier pour que nos savants ne soient plus jamais fous.
Cette mise au point est largement inspirée d’un article du professeur Bernard Blanc, paru dans Gynécologie de l’adolescente aux éditions Eska.