Lorsque le sacrifice du foetus est recherché, rien ne s’oppose à l’utilisation du R.U. 486 qui fit beaucoup parler de lui en tant que "pilule abortive". La mifégine est bien tolérée par l’organisme maternel, mais sa diffusion vers le placenta est mortelle pour l’embryon car cette molécule se substitue à la progestérone sans en avoir les capacités de protection nécessaires à la poursuite de la grossesse. A elle seule, de plus , elle ne peut provoquer l’expulsion recherchée. On ajoute des prostaglandines par voie vaginale. Le curetage est souvent évité lorsque la double prescription est faite assez tôt . Ce n’est toutefois pas une règle absolue.
En fin de grossesse, si le score de maturation est favorable, le déclenchement peut être obtenu par la simple rupture des membranes, manoeuvre unique encore préconisée il y a peu de temps par les Anglo-saxons. Les résultats, certes intéressants, sont améliorés par une perfusion d’ocytocine par voie intra veineuse. Ceci nécessite une hospitalisation avec vérification du bien-être de l’enfant par tracé cardiotocographique, surveillance permanente de l’activité utérine. La certitude d’une évolution correcte n’est donnée qu’après une surveillance dont la durée peut être de plusieurs heures. Il ne faut pas être pressé par l’impatience de l’entourage ! Si le col n’est pas mûr, la patience sollicitée se compte en jours ! Dans un premier temps, que ce soit par perfusion ou par mise en place intra-vaginale, les effets des prostaglandines ou de leurs "analogues" chimiques doivent être surveillés pendant plusieurs heures à proximité immédiate d’une salle d’opération, avec un accès assuré dans la circulation veineuse perfusion d’attente. Au bout d’un temps variable, on estime par la réévaluation du score de maturation les effets recherchés. Soit il faut recommencer une nouvelle application et une nouvelle estimation, soit passer à la perfusion d’ocytocine. Pendant tout ce temps, la gestante est sous enregistrement, une aiguille dans la veine, entourée d’une équipe attentive et compétente.
Résultats actuels
Dans les indications de désespoir, la nécessité de l’évacuation complémentaire sous anesthésie générale est divisée par quatre ou cinq.
Dans les décisions de fin de grossesse, les tentatives se soldent par un taux de 10% de césariennes pour les multipares et de 20% pour les primipares. Ces chiffres ne doivent pas faire bondir, puisque les déclenchements ont pour but d’éviter des césariennes prévisibles avec souvent une indication urgente. Il ne convient pas non plus de renverser les proportions en affirmant que les déclenchements évitent 90des césariennes des multipares et 80des césariennes de primipares ! Ces données sont là pour montrer que la décision, même réfléchie n’est pas gage de succès garanti. "Il n’y a pas de maladies, mais seulement des malades" dit le vieil adage. Chaque patiente, nous l’avons vu, a des réactions difficiles à prévoir de manière absolue et ne répondra même pas identiquement à la grossesse suivante.